Une réservation n’est pas encore un client.
Cette distinction devient importante pour les restaurants travaillant fortement avec la réservation en ligne.
Le taux de no-show se calcule ainsi :
Nombre de réservations non honorées ÷ nombre total de réservations × 100Il peut être complété par le taux d’annulation.
Un restaurant affichant complet dans son logiciel de réservation peut finalement se retrouver avec plusieurs tables vides.
Le coût réel est important :
- chiffre d’affaires perdu ;
- personnel déjà planifié ;
- nourriture préparée ;
- clients potentiels refusés ;
- table difficile à revendre au dernier moment.
Suivre cet indicateur permet de tester différentes solutions :
- rappel automatique ;
- confirmation quelques heures avant ;
- empreinte bancaire ;
- acompte pour certains menus ;
- liste d’attente.
7. Le taux de captageLe
taux de captage doit être adapté au modèle du restaurant.
Il mesure la proportion de personnes potentiellement disponibles que l’établissement parvient réellement à transformer en clients.
Dans un hôtel, il peut par exemple représenter la part des clients hébergés qui choisissent le restaurant de l’établissement.
Dans un food court ou un centre commercial, il peut mesurer le rapport entre le trafic disponible et le nombre de clients.
Dans une zone très passante, une estimation peut également être réalisée à partir du flux piéton.
Exemple :
1 000 personnes passent devant l’établissement sur une période donnée.
80 entrent et consomment.
Le taux de captage est de :
80 ÷ 1 000 × 100 =
8 %.
Ce KPI devient particulièrement utile lorsqu’un restaurant possède déjà un emplacement fréquenté mais transforme mal le passage en clientèle.
Dans ce cas, le problème n’est pas nécessairement la visibilité digitale.
Il peut venir de :
- façade ;
- menu extérieur ;
- lisibilité du concept ;
- prix ;
- terrasse ;
- signalétique ;
- perception du lieu.
Le taux de captage n’est donc pas mesurable avec la même précision dans tous les établissements. Il doit être utilisé uniquement lorsqu’une base de trafic pertinente peut être estimée.
Exemple réel nº1 : mesurer pour identifier ce qu’il faut corrigerSur le site de SEOresto, Le Grand Café de France explique que les rapports mensuels lui permettent de suivre l’évolution du travail et que les rapports liés aux avis permettent également à l’équipe du restaurant de travailler sur ses erreurs.
(
seoresto.com)
Cet exemple illustre une distinction importante.
Un bon reporting ne sert pas simplement à montrer que « les chiffres montent ».
Il doit permettre d’identifier une action.
Supposons que les avis commencent régulièrement à mentionner :
- une attente trop longue ;
- un accueil irrégulier ;
- des difficultés de réservation.
Ces données peuvent être croisées avec les KPI opérationnels.
Un taux de remplissage très élevé accompagné d’une hausse des avis négatifs sur l’attente peut révéler que le restaurant accepte davantage de clients que son organisation ne peut en servir correctement.
L’indicateur devient alors un outil de management, et non simplement un chiffre marketing.
Exemple réel nº2 : mesurer l’acquisition dès l’ouvertureUn autre témoignage publié sur le site concerne Rina Restaurant. L’établissement explique avoir travaillé son marketing avant l’ouverture afin d’attirer des clients dès le lancement et indique que le restaurant s’est rempli dès les premiers jours, avant de poursuivre sa progression. (
seoresto.com)
Dans cette situation, regarder uniquement le chiffre d’affaires aurait fourni une information incomplète.
Pour comprendre ce qui fonctionne, il faudrait également suivre :
- provenance des réservations ;
- recherches Google ;
- demandes d’itinéraire ;
- nouveaux avis ;
- coût d’acquisition ;
- part de nouveaux clients ;
- évolution des recherches du nom du restaurant.
C’est cette lecture croisée qui permet de déterminer quelles actions marketing méritent d’être poursuivies.
8. Le food costUn restaurant peut augmenter son chiffre d’affaires et voir simultanément sa marge se dégrader.
C’est pourquoi le coût matières doit être suivi régulièrement.
Une formule simplifiée est :
Food cost % = coût des matières consommées ÷ chiffre d’affaires nourriture × 100Supposons :
- CA nourriture : 20 000 € ;
- coût matières : 6 000 €.
Food cost :
6 000 ÷ 20 000 × 100 =
30 %.
L’évolution hebdomadaire permet d’identifier rapidement :
- hausse du prix fournisseurs ;
- gaspillage ;
- problèmes de portions ;
- pertes ;
- erreurs de commande ;
- plats sous-tarifés.
Le chiffre exact à viser dépend du concept, du niveau de gamme et de la structure du menu. Il est donc dangereux d’utiliser un pourcentage universel comme objectif absolu.
Ce qui compte surtout est l’évolution par rapport au modèle économique du restaurant.
9. Le coût de personnel rapporté au chiffre d’affairesLa masse salariale représente l’un des postes majeurs d’un restaurant.
Un indicateur utile consiste à comparer les coûts de personnel directement liés à l’exploitation avec le chiffre d’affaires.
Ratio personnel = coût de personnel ÷ chiffre d’affaires × 100L’objectif n’est pas simplement de réduire les heures.
Il est de vérifier que le planning est cohérent avec l’activité.
Un mardi soir avec trop d’employés peut coûter cher même lorsque le samedi manque de personnel.
Le tableau de bord permet alors d’adapter les plannings aux données historiques plutôt que de fonctionner uniquement à l’intuition.
10. Le coût d’acquisition clientC’est ici que les
indicateurs performance restaurant rejoignent directement le marketing.
Le coût d’acquisition permet de savoir combien l’établissement dépense pour obtenir un nouveau client.
Une formule simple :
CAC = dépenses marketing attribuables ÷ nouveaux clients obtenusPar exemple :
Une campagne dépense 1 000 €.
Elle génère 100 nouveaux clients attribuables.
Le coût d’acquisition est de :
10 € par client.
Ce chiffre doit ensuite être comparé au ticket moyen et, surtout, à la valeur potentielle d’un client récurrent.
Dépenser 10 € pour acquérir un client qui réalise une seule consommation de 15 € peut être difficilement rentable.
Dépenser la même somme pour un client qui revient quatre fois dans l’année change complètement la situation.
Le principal problème est l’attribution.
Tous les clients ne peuvent pas être reliés précisément à une campagne. Certains découvrent le restaurant sur Instagram, le recherchent ensuite sur Google et réservent plusieurs jours plus tard.
Le CAC doit donc être considéré comme un indicateur de pilotage, pas comme une mesure parfaitement exacte.
11. Les performances Google : visibilité, appels et itinérairesPour beaucoup de restaurants, Google constitue l’un des principaux points de contact avant une visite.
Le tableau de bord doit donc intégrer plusieurs données issues de Google Business Profile :
- appels ;
- clics vers le site ;
- demandes d’itinéraire ;
- consultations du profil ;
- recherches utilisées pour trouver le restaurant.
Ces données permettent de distinguer un problème de visibilité d’un problème de conversion.
Exemple :
Les consultations de la fiche progressent fortement mais les demandes d’itinéraire stagnent.
Le restaurant est plus visible, mais ne convainc pas suffisamment.
Il faut alors regarder :
- photos ;
- note ;
- avis récents ;
- menu ;
- prix ;
- présentation ;
- informations disponibles.
SEOresto met justement le référencement local et Google Maps parmi ses services principaux, parallèlement aux sites web, à la publicité et à la gestion des avis. (
seoresto.com)
Cette approche présente un avantage : les données marketing peuvent être observées ensemble plutôt que canal par canal.
12. Les avis clients : volume, note et sujets récurrentsLa note moyenne est utile, mais elle ne suffit pas.
Le tableau de bord doit idéalement suivre :
- nombre de nouveaux avis ;
- note moyenne ;
- évolution de la note ;
- taux de réponse ;
- principales critiques ;
- principaux compliments.
Ce dernier point est particulièrement important.
Imaginez que le nombre de clients augmente de 15 %, mais que les commentaires mentionnant l’attente doublent.
La croissance commence peut-être à dégrader l’expérience.
À l’inverse, plusieurs commentaires spontanés sur un nouveau plat, un serveur particulièrement apprécié ou une terrasse peuvent révéler des avantages concurrentiels intéressants à utiliser dans la communication.
Les avis deviennent alors une source de données qualitatives permettant d’expliquer les chiffres quantitatifs.
Pourquoi il ne faut pas suivre les KPI séparémentLa plus grande erreur consiste à interpréter chaque donnée isolément.
Prenons un exemple :
CA : +8 %Bonne nouvelle ?
Pas forcément.
Ajoutons :
Couverts : -5 %Le chiffre d’affaires augmente surtout grâce au ticket moyen.
Ajoutons :
Ticket moyen : +14 %Cela semble encore positif.
Mais :
Nouveaux clients : -12 %et
Recherches Google : -18 %.
Le restaurant pourrait progressivement perdre en attractivité tout en compensant temporairement avec une hausse des prix.
C’est précisément pour cette raison qu’un tableau de bord doit raconter une histoire complète.