Le
contrat brasseur est un accord commercial conclu entre un établissement CHR et un brasseur ou, selon le montage, un distributeur de boissons.
Historiquement, ce type d’accord permet au professionnel d’obtenir un avantage financier ou matériel en échange d’un engagement d’approvisionnement.
Cet avantage peut prendre différentes formes :
- financement ;
- caution facilitant un crédit ;
- avance ;
- mise à disposition d’une tireuse ;
- installation de matériel ;
- mobilier ou équipement de terrasse ;
- matériel frigorifique ;
- supports commerciaux ;
- accompagnement lors de l’ouverture.
En contrepartie, le restaurateur peut accepter un
contrat bière exclusivité, portant notamment sur les bières pression et, selon le contrat, sur un périmètre plus large de boissons.
L’administration française a historiquement décrit le contrat de bière comme un système dans lequel un point de vente s’engage à vendre les marques du brasseur partenaire en contrepartie d’avantages financiers ou matériels. (
economie.gouv.fr)
C’est donc un échange économique.
Le restaurateur obtient immédiatement quelque chose dont il a besoin.
Le fournisseur sécurise en échange une partie de ses ventes futures.
Fait n°1 — Le prêt brasseur peut réellement faciliter le financement d’une ouvertureIl serait trop simple de présenter le
prêt brasseur avantages inconvénients uniquement sous l’angle du danger.
Ce financement existe depuis longtemps dans le secteur CHR précisément parce qu’il répond à un véritable besoin.
Une banque ne finance pas toujours l’intégralité d’un projet.
Prenons un restaurant nécessitant 200 000 €.
Le fondateur apporte 50 000 €.
La banque accepte 130 000 €.
Il reste donc 20 000 € à trouver.
Le brasseur peut éventuellement contribuer à combler une partie de ce besoin, directement ou indirectement.
Le mécanisme peut également éviter au restaurateur d’immobiliser immédiatement plusieurs milliers d’euros dans certains équipements.
Pour un établissement dont la trésorerie est limitée, cette respiration peut être précieuse.
Les acteurs du secteur brassicole présentent d’ailleurs historiquement le prêt brasseur comme une alternative ou un complément au financement bancaire, pouvant intervenir sur le matériel, les travaux, les avances de marchandises ou la trésorerie. (
heinekenfrance.fr)
Le problème n’est donc pas le principe du contrat.
Le problème apparaît lorsque le restaurateur regarde uniquement
ce qu’il reçoit aujourd’hui, sans calculer ce qu’il abandonne pendant plusieurs années.