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ACRE, ARCE et exonérations : les aides à la création que les restaurateurs oublient
Ouvrir un restaurant demande beaucoup de capital.
Dépôt de garantie, travaux, extraction, cuisine professionnelle, mobilier, vaisselle, stock de départ, licences éventuelles, assurances, communication, salaires : avant même d’accueillir son premier client, un restaurateur peut avoir engagé une somme considérable.

Pourtant, lorsqu’ils construisent leur plan de financement, certains porteurs de projet pensent immédiatement au prêt bancaire, à leur apport personnel ou aux investisseurs… et beaucoup moins aux dispositifs auxquels ils peuvent éventuellement prétendre au moment de la création.

Parmi eux : l’ACRE, l’ARCE, le maintien de l’ARE et différentes aides ou exonérations liées à la création d’entreprise.

Ces dispositifs ne financeront évidemment pas à eux seuls l’ouverture d’un établissement. Mais lorsqu’ils sont anticipés suffisamment tôt, ils peuvent réduire certaines charges ou apporter de la trésorerie pendant une période particulièrement fragile : les premiers mois d’activité.

Pour un restaurateur, la bonne question n’est donc pas seulement :
« Combien dois-je réunir pour ouvrir ? »

Mais également :
« À quelles aides ai-je droit et comment dois-je les intégrer dans mon plan de financement ? »

Fait n°1 — L’ACRE n’est plus automatique en 2026

C’est probablement l’information la plus importante à connaître aujourd’hui.

L’ACRE — Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise — permet aux créateurs et repreneurs éligibles de bénéficier d’une exonération partielle de certaines cotisations sociales pendant le démarrage de leur activité.

En 2026, le dispositif correspond à une exonération de 50 % de certaines cotisations sociales pendant 12 mois, notamment sur les cotisations maladie-maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales.

Mais une modification importante est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 :

l’attribution de l’ACRE n’est plus automatique.

Le créateur doit désormais effectuer une demande auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début de son activité.

Pour un projet d’ACRE restauration, oublier cette démarche peut donc avoir une conséquence financière réelle.

Il ne suffit plus de penser :

« L’exonération sera appliquée automatiquement lors de la création. »
Il faut l’intégrer à la checklist de lancement du restaurant.

Quelles sont les principales ACRE conditions ?

Depuis 2026, tous les nouveaux entrepreneurs n’en bénéficient pas automatiquement.
Il faut être en début d’activité, ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes et appartenir à l’une des catégories d’éligibilité prévues.

Parmi les profils concernés figurent notamment certains demandeurs d’emploi indemnisés ou non indemnisés, les bénéficiaires de certaines allocations, certains jeunes créateurs et d’autres catégories prévues par le dispositif.

Il faut donc vérifier les ACRE conditions avant d’intégrer l’économie correspondante dans son prévisionnel.
C’est un point important.

Une aide potentielle ne doit jamais être considérée comme une ressource certaine tant que l’entrepreneur n’a pas vérifié qu’il remplit effectivement les conditions.

Fait n°2 — ACRE et ARCE sont deux aides complètement différentes
Les acronymes sont proches et sont fréquemment confondus.

Pourtant :

ACRE = réduction de certaines cotisations sociales.

ARCE = transformation d’une partie des droits ARE restants en capital.

L’ARCE — Aide à la reprise et à la création d’entreprise — concerne les demandeurs d’emploi indemnisés remplissant les conditions requises et ayant notamment obtenu l’ACRE.

Au lieu de continuer à percevoir partiellement leur allocation ARE chaque mois, ils peuvent choisir de recevoir une partie de leurs droits restants sous forme de capital.

Le montant de l’ARCE correspond actuellement à 60 % des droits ARE restant à verser, avec une déduction de 3 % correspondant au financement des retraites complémentaires.
Le capital est ensuite versé en deux parties égales.

Le second versement intervient six mois après le premier, sous réserve notamment que le bénéficiaire exerce toujours l’activité pour laquelle l’ARCE lui a été accordée et qu’il ne soit pas en CDI à temps plein.

Les chiffres à retenir50 %
En 2026, l’ACRE permet une exonération de 50 % de certaines cotisations sociales pour les bénéficiaires éligibles.

12 mois
L’exonération charges création entreprise liée à l’ACRE s’applique pendant les 12 premiers mois d’activité dans les conditions du dispositif.

60 jours
Depuis le 1er janvier 2026, le créateur doit demander l’ACRE auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité.
60 %
L’ARCE représente actuellement 60 % du capital correspondant aux droits ARE restant à verser pour les droits concernés.

2 versements
L’ARCE est versée en deux parties égales, la seconde intervenant six mois après la première lorsque les conditions sont toujours réunies.

Exemple rapide : pourquoi l’ARCE peut changer un plan de financement
Prenons un futur restaurateur disposant de 18 000 € de droits ARE restants.

Sur cette base, France Travail donne l’exemple suivant :
60 % × 18 000 € = 10 800 €

puis application de la déduction de 3 %, soit un capital de 10 476 €, versé en deux fois :

5 238 € au premier versement
puis

5 238 € six mois plus tard, sous réserve de remplir encore les conditions.

Pour un restaurant, plus de 10 000 € de trésorerie potentielle ne sont pas anecdotiques.
Cette somme peut représenter une partie du matériel, du stock initial, de la communication de lancement ou simplement constituer un coussin de trésorerie.

Mais attention : l’ARCE ne correspond pas à « 10 476 € d’argent gratuit ».
Il s’agit de la mobilisation sous forme de capital d’une partie de droits à l’assurance chômage.

C’est pourquoi le choix entre ARCE et maintien de l’ARE doit être réfléchi en fonction du projet.
Et dans la restauration, où les premiers mois peuvent être particulièrement imprévisibles, cette décision mérite une vraie simulation financière.


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ARCE ou maintien de l’ARE : deux stratégies très différentes pour financer le démarrage
Comprendre les ACRE conditions est une première étape. Mais pour un restaurateur inscrit à France Travail et disposant encore de droits à l’assurance chômage, une décision souvent plus stratégique apparaît ensuite :

Faut-il demander l’ARCE ou conserver ses allocations ARE pendant le
lancement du restaurant ?

Il n’existe pas de réponse universelle.
L’ARCE privilégie l’apport de capital au démarrage. Le maintien de l’ARE privilégie davantage la sécurisation des revenus personnels pendant la création, sous réserve des règles de cumul applicables.

Dans la restauration, cette différence est particulièrement importante : les besoins d’investissement initiaux sont élevés, mais les premiers mois d’exploitation peuvent également être très irréguliers.

Exemple 1 — Un restaurateur choisit l’ARCE pour compléter son financement
Imaginons Thomas, ancien directeur de restaurant.

Il souhaite ouvrir une brasserie et dispose de 20 000 € d’épargne personnelle. Son projet nécessite encore plusieurs dépenses :

  • matériel de cuisine ;
  • mobilier ;
  • dépôt de garantie ;
  • premier stock ;
  • communication de lancement ;
  • trésorerie de sécurité.

Thomas dispose également de droits ARE restants.
Son problème principal n’est pas son revenu personnel pendant les six prochains mois. Son conjoint travaille et le foyer peut temporairement fonctionner avec un revenu plus faible.

En revanche, il lui manque du capital pour sécuriser le lancement.
Dans cette configuration, l’ARCE Pôle emploi création — aujourd’hui gérée par France Travail — peut être intéressante si Thomas remplit les conditions requises.
L’ARCE lui permet de recevoir sous forme de capital une partie de ses droits ARE restants.

Ce capital peut alors compléter son apport.

La logique devient :

apport personnel + financement bancaire + ARCE = ressources disponibles pour le lancement.

Mais il faut garder une nuance importante.
L’ARCE ne doit pas devenir une justification pour augmenter artificiellement le budget.
Si le restaurant peut ouvrir avec 100 000 €, recevoir une aide supplémentaire ne signifie pas nécessairement qu’il faut immédiatement choisir une cuisine plus chère, davantage de décoration ou des équipements non indispensables.

Une partie de la somme peut avoir beaucoup plus de valeur conservée comme trésorerie de sécurité.

Exemple 2 — Une restauratrice préfère conserver son ARE

Prenons maintenant Sophie.
Elle ouvre un petit restaurant avec un associé.
Le financement des travaux et du matériel est déjà sécurisé.
Son problème est différent.
Pendant les premiers mois, elle prévoit de se verser très peu de rémunération afin de préserver la trésorerie du restaurant.

Or Sophie doit continuer à payer personnellement :

  • son logement ;
  • ses dépenses quotidiennes ;
  • ses assurances ;
  • ses transports ;
  • ses charges personnelles.

Dans sa situation, transformer immédiatement une partie de ses droits en capital n’est pas forcément la meilleure stratégie.

Elle peut étudier le maintien de l’ARE, sous réserve de remplir les conditions applicables et en fonction des revenus tirés de sa nouvelle activité.
Le principe économique est très différent.

Avec l’ARCE, elle privilégierait :

du capital pour l’entreprise au démarrage.
Avec le maintien de l’ARE :

une sécurité de revenu personnel pendant la montée en puissance de l’activité.
Cette distinction est essentielle.
Un restaurant peut disposer de 40 000 € sur son compte professionnel alors que son fondateur rencontre personnellement des difficultés pour payer son loyer.

Il faut donc construire deux trésoreries prévisionnelles :
trésorerie du restaurant
et

trésorerie personnelle du dirigeant.

ARCE ou ARE : comment réfléchir ?
Pour simplifier, posez-vous quatre questions.

Ai-je encore besoin de capital pour ouvrir ?
Si oui, l’ARCE peut contribuer au financement lorsque vous êtes éligible.

Le restaurant peut-il me rémunérer rapidement ?
Si la réponse est non, conserver un revenu personnel pendant la phase de démarrage peut devenir prioritaire.

Ai-je une épargne personnelle suffisante ?
Un entrepreneur disposant de douze mois de dépenses personnelles en réserve n’a pas la même situation qu’un entrepreneur disposant de deux mois.

Mon prévisionnel est-il prudent ?

Un business plan qui prévoit :

« Dès le deuxième mois, le restaurant sera plein et je pourrai me verser 3 000 € »
doit être challengé.

Les premières semaines peuvent être excellentes grâce à l’effet nouveauté, puis l’activité ralentir. À l’inverse, certains restaurants nécessitent plusieurs mois pour constituer une clientèle régulière.
La stratégie financière doit donc pouvoir absorber un scénario moins favorable que le scénario idéal.

L’ACRE ne doit pas masquer le véritable coût du restaurant

L’exonération charges création entreprise peut réduire certaines cotisations au démarrage.
C’est positif.
Mais il existe un piège dans la construction du prévisionnel :
calculer la rentabilité du restaurant uniquement avec les charges réduites de la première année.

Une aide temporaire est, par définition, temporaire.
Si le modèle économique fonctionne uniquement pendant la période d’exonération, le problème n’est pas résolu.

Le prévisionnel devrait donc permettre de visualiser au minimum deux situations :

année de démarrage avec les aides applicables
puis

fonctionnement normal après leur disparition.

Cela permet de répondre à une question beaucoup plus importante :

Le restaurant sera-t-il toujours rentable lorsque les aides auront pris fin ?

Les aides ne remplacent pas le besoin en fonds de roulement

C’est une autre erreur fréquente.

Un porteur de projet additionne :

apport + prêt + ARCE + aides

et conclut :
« Nous avons exactement le montant nécessaire pour ouvrir. »
Mais ouvrir n’est pas le seul objectif.
Il faut ensuite survivre aux premiers mois.
Les fournisseurs doivent être payés.
Les salaires tombent.
Le loyer continue.

L’électricité, les logiciels, les assurances et les abonnements également.
Pendant ce temps, le chiffre d’affaires peut mettre plusieurs semaines ou plusieurs mois à atteindre son niveau prévu.

Une partie du financement doit donc idéalement rester disponible après l’ouverture.
Pour un restaurant, ouvrir avec zéro trésorerie disponible après les travaux constitue une situation particulièrement fragile, même si toutes les factures d’installation ont été payées.

Une aide bien utilisée doit acheter du temps
C’est peut-être la meilleure manière de réfléchir à l’ACRE et à l’ARCE.
L’objectif n’est pas simplement de « récupérer le maximum d’aides ».
Une aide financière doit permettre au projet de disposer de davantage de temps pour atteindre son équilibre.

Par exemple :

l’ACRE peut alléger certaines charges sociales au démarrage ;
l’ARCE peut renforcer le capital disponible ;
le maintien de l’ARE peut réduire la pression sur la rémunération personnelle du dirigeant.

Dans les trois cas, le bénéfice stratégique est similaire :

donner au restaurant davantage de marge pour construire son activité.
Et c’est précisément pourquoi les aides doivent être réfléchies en même temps que le plan commercial.
Car six mois de trésorerie supplémentaire n’ont de valeur que si ces six mois sont utilisés pour construire progressivement une clientèle rentable.

Les aides financent le lancement, mais pas l’acquisition des clients
Obtenir l’ACRE restauration, choisir entre l’ARCE et le maintien de l’ARE et identifier les différentes possibilités d’exonération charges création entreprise permettent de sécuriser une partie du démarrage.

Mais une erreur revient souvent dans les budgets prévisionnels des restaurants : prévoir précisément le coût du local, des travaux, du matériel et du personnel… tout en laissant presque vide la ligne consacrée à l’acquisition des clients.
Or financer l’ouverture ne suffit pas.
Il faut également financer la montée en puissance du chiffre d’affaires.

Un restaurant peut être prêt à ouvrir sans être prêt à vendre

Prenons un établissement qui dispose d’un budget global de 150 000 €.
Le porteur de projet prévoit :

  • 45 000 € de travaux
  • 35 000 € de matériel
  • 15 000 € de mobilier
  • 10 000 € de dépôt de garantie et frais liés au local
  • 8 000 € de stock et petit matériel
  • le reste en trésorerie de démarrage

Le restaurant est techniquement prêt.
La cuisine fonctionne.
La salle est aménagée.
L’équipe est recrutée.

Mais une question reste sans réponse :

Combien de personnes savent que ce restaurant va ouvrir ?

C’est là que le plan financier doit rencontrer le plan marketing.
Une partie de la trésorerie économisée grâce aux aides ne devrait pas nécessairement être dépensée immédiatement. Mais il faut prévoir des moyens suffisants pour rendre le restaurant visible et transformer cette visibilité en réservations.

Toutes les dépenses marketing ne se valent pas
Au moment d’ouvrir, le restaurateur peut être sollicité de toutes parts :
photographe, influenceurs, relations presse, publicité Meta, Google Ads, flyers, événement d’inauguration, community manager, agence SEO…
Il serait tentant d’essayer un peu de tout.
Ce n’est généralement pas la meilleure stratégie.
Un jeune restaurant possède des ressources limitées. Il doit donc prioriser les actions les plus proches de la décision du client.

Pour beaucoup d’établissements, le parcours ressemble à :

recherche → découverte → comparaison → avis → menu → réservation.
Le budget marketing doit faciliter ce parcours.

Avant d’investir massivement dans une campagne, il faut donc s’assurer que les fondamentaux sont solides :

  • positionnement compréhensible ;
  • fiche Google correctement optimisée ;
  • informations fiables ;
  • belles photos ;
  • menu facilement accessible ;
  • site adapté au mobile ;
  • système de réservation simple ;
  • premiers avis clients suivis et traités.

Envoyer beaucoup de trafic vers un parcours mal construit revient à payer pour amplifier ses propres faiblesses.

Où investir en priorité au lancement ?

Il n’existe pas de répartition universelle.
Un restaurant gastronomique sur réservation n’a pas les mêmes besoins qu’une pizzeria de quartier ou qu’un établissement situé dans une zone très touristique.

Mais une logique peut être conservée :

Construire d’abord les actifs qui continueront à travailler après la dépense.

Un shooting photo professionnel, par exemple, peut alimenter Google, le site, les réseaux sociaux et les plateformes de réservation pendant plusieurs mois.
Un site correctement structuré peut continuer à générer des visites.
Une fiche Google travaillée et régulièrement enrichie peut accompagner la visibilité locale dans le temps.

À l’inverse, une campagne publicitaire s’arrête généralement lorsque le budget s’arrête.
Cela ne signifie pas que la publicité est mauvaise.

Cela signifie simplement qu’il faut distinguer :

les actifs marketing durables
et
l’achat immédiat de visibilité.
Les deux peuvent être complémentaires.
Où SEO Resto peut intervenir ?

C’est précisément sur cette problématique que ⁠SEO Resto peut accompagner un restaurateur.
SEO Resto ne remplace évidemment ni France Travail, ni l’URSSAF, ni l’expert-comptable. L’agence ne détermine pas les ACRE conditions et ne décide pas si l’ARCE est financièrement plus intéressante que le maintien de l’ARE dans une situation individuelle.

Son rôle intervient après cette réflexion :

Comment transformer les moyens disponibles en visibilité puis en clients ?

L’accompagnement peut notamment porter sur le référencement local, Google Business Profile, le site, la réputation en ligne et les autres éléments qui permettent à un restaurant d’être découvert lorsqu’un client cherche où manger.

Pour un restaurateur en phase de création, l’avantage d’un accompagnement spécialisé est surtout de ne pas construire toute cette stratégie seul au moment où il doit déjà gérer le local, les fournisseurs, les recrutements et l’ouverture.
Mais ce n’est pas systématiquement la meilleure solution.

Un restaurant peut-il gérer son marketing lui-même ?

Oui.
Un porteur de projet disposant de compétences en référencement, en communication et en acquisition peut parfaitement commencer en interne.

Il peut également choisir :

  • un freelance pour une mission spécifique ;
  • un community manager pour les réseaux sociaux ;
  • une agence généraliste pour une stratégie plus large ;
  • des campagnes publicitaires ponctuelles ;

ou encore recruter un responsable marketing lorsque la taille du projet le justifie.

Chaque solution possède des avantages.
Le freelance peut être flexible et spécialisé.
Un salarié connaît très bien la marque.
Une agence généraliste peut regrouper plusieurs expertises.
Une agence spécialisée en restauration connaît davantage les problématiques propres au secteur.
Le choix dépend donc du budget, des compétences internes et du temps disponible.

La limite d’un accompagnement marketing

Il faut également être clair sur ce que le marketing ne peut pas résoudre.

Une campagne SEO ne compensera pas durablement :

  • un mauvais emplacement ;
  • une carte incohérente ;
  • un ticket moyen déconnecté de la clientèle ;
  • un service insuffisant ;
  • une expérience client décevante.

Le marketing permet d’attirer une première visite.
L’expérience doit ensuite donner envie de revenir.
Et les deux dimensions sont liées : lorsqu’un restaurant augmente sa visibilité mais accumule parallèlement des avis négatifs, son acquisition devient progressivement plus difficile.

Le meilleur usage des aides : créer une période de lancement suffisamment longue
C’est finalement ainsi qu’il faut considérer l’ACRE, l’ARCE et les autres dispositifs.
Ils ne constituent pas le modèle économique du restaurant.

Ils lui donnent éventuellement du temps et de la marge de manœuvre pour construire ce modèle.

Une bonne utilisation de cette période consiste donc à travailler simultanément sur trois indicateurs :

trésorerie disponible → chiffre d’affaires → acquisition et fidélisation.
Imaginons qu’une aide permette indirectement de conserver 5 000 € supplémentaires de trésorerie.
Deux approches sont possibles.
La première :
« Nous avons 5 000 € de plus, ajoutons des éléments de décoration. »
La seconde :
« Nous avons 5 000 € de marge supplémentaire. Conservons-en une partie en sécurité et utilisons une autre partie pour accélérer l’acquisition des premiers clients. »
Dans beaucoup de projets, la deuxième approche sera économiquement plus intéressante.

Le coût d’acquisition doit progressivement devenir mesurable

Une fois le restaurant ouvert, il faut sortir du raisonnement :
« Instagram marche bien. »
ou :
« Nous avons beaucoup de monde grâce à Google. »

Il faut progressivement chercher à comprendre :

  • D’où viennent les réservations ?
  • Quelles recherches génèrent de la visibilité ?
  • Combien de personnes consultent la fiche Google ?
  • Quelles pages du site attirent des visiteurs ?
  • Quels canaux produisent réellement des clients ?

Le restaurant peut alors arbitrer ses investissements sur des données plutôt que sur des impressions.

C’est précisément la différence entre faire de la communication et construire progressivement un véritable système d’acquisition.
Checklist : comment intégrer l’ACRE, l’ARCE et les aides dans son projet de restaurant ?
Les aides à la création sont intéressantes lorsqu’elles sont intégrées à une stratégie financière globale. Elles deviennent beaucoup moins utiles lorsqu’elles sont découvertes après l’ouverture ou considérées comme une solution à un modèle économique insuffisamment rentable.

Pour un projet d’ACRE restauration, voici l’ordre dans lequel nous recommandons de réfléchir.

Étape 1 — Vérifier son éligibilité à l’ACRE

Avant d’intégrer une économie de cotisations dans votre prévisionnel, vérifiez que vous remplissez réellement les ACRE conditions applicables à votre situation.

Depuis 2026, cette précaution est d’autant plus importante que l’ACRE n’est plus automatiquement attribuée : les créateurs éligibles doivent effectuer leur demande auprès de l’Urssaf dans le délai prévu.

Ne construisez donc pas votre business plan sur une aide supposée.

La bonne logique est :

vérification de l’éligibilité → demande → intégration prudente dans le prévisionnel.

Étape 2 — Calculer l’économie réelle liée à l’ACRE

L’exonération charges création entreprise ne signifie pas « aucune charge sociale pendant un an ».
L’ACRE correspond à une exonération partielle de certaines cotisations, selon les règles et plafonds applicables.

Il est donc préférable de demander à votre expert-comptable de calculer concrètement :

Combien vais-je réellement économiser avec l’ACRE dans ma situation ?

Cette somme pourra ensuite être intégrée à votre plan de trésorerie.

Étape 3 — Comparer ARCE et maintien de l’ARE

Si vous disposez de droits ARE et remplissez les conditions requises, ne choisissez pas automatiquement l’ARCE Pôle emploi création simplement parce qu’elle permet de recevoir du capital.

Construisez deux scénarios.

Scénario A — ARCE
Combien de capital obtenez-vous ? À quoi sera-t-il consacré ? Quelle trésorerie personnelle vous restera-t-il ?

Scénario B — maintien de l’ARE
Quel revenu pourrez-vous conserver pendant la montée en puissance du restaurant ? Combien de temps pourrez-vous limiter votre rémunération provenant de l’entreprise ?
Comparez ensuite les deux scénarios avec votre expert-comptable et France Travail en fonction de votre situation.

Étape 4 — Rechercher les autres aides disponibles
ACRE et ARCE sont les dispositifs les plus connus, mais ils ne constituent pas nécessairement les seules possibilités.
Selon le profil du créateur, l’implantation du restaurant, la nature du projet et les dispositifs disponibles localement, d’autres accompagnements ou financements peuvent exister.

Il peut notamment être pertinent de regarder du côté :

  • des aides régionales ou locales ;
  • des prêts d’honneur ;
  • des réseaux d’accompagnement à la création ;
  • des dispositifs de garantie ;
  • de certains financements liés à l’investissement ou à la transition écologique.

Ne les intégrez cependant au budget comme ressources certaines qu’une fois leur obtention suffisamment sécurisée.

Étape 5 — Constituer une trésorerie de sécurité

Une fois les financements réunis, ne cherchez pas nécessairement à tout dépenser avant l’ouverture.
C’est l’une des décisions les plus importantes.
Un restaurant peut être magnifique et pourtant se retrouver en difficulté trois mois plus tard parce que toute la trésorerie a été absorbée par les travaux et la décoration.

Conservez une marge permettant d’absorber :

  • un démarrage plus lent que prévu ;
  • une réparation imprévue ;
  • une hausse de certaines charges ;
  • un recrutement supplémentaire ;
  • une saison moins favorable ;
  • des dépenses marketing nécessaires au lancement.

Les aides doivent contribuer à sécuriser le projet, pas uniquement à augmenter le budget d’aménagement.

Étape 6 — Prévoir un budget d’acquisition

Votre prévisionnel ne devrait pas s’arrêter au jour de l’ouverture.

Posez-vous une question simple :

Quel budget avons-nous prévu pour faire connaître le restaurant et obtenir nos premiers clients ?

Il peut comprendre différents postes :

photographie, site internet, référencement local, communication, publicité, relations presse ou collaborations.

La répartition dépendra évidemment du concept.
L’objectif n’est pas de dépenser beaucoup.

Il est de savoir comment le restaurant compte transformer sa visibilité en chiffre d’affaires.

Étape 7 — Mesurer après l’ouverture
Enfin, confrontez rapidement le prévisionnel à la réalité.

Chaque mois, suivez au minimum :

  • chiffre d’affaires ;
  • ticket moyen ;
  • nombre de couverts ;
  • masse salariale ;
  • coût matière ;
  • trésorerie ;
  • réservations ;
  • performance des principaux canaux d’acquisition.

Les aides facilitent le lancement.
Mais ce sont progressivement les performances économiques du restaurant qui doivent prendre le relais.

Les erreurs à éviter avec l’ACRE et l’ARCE

La première erreur consiste à découvrir l’ACRE trop tard et à manquer les démarches nécessaires.
La deuxième est de considérer l’ARCE comme une prime supplémentaire. Elle correspond à la mobilisation en capital d’une partie des droits ARE : elle doit donc être comparée avec l’alternative du maintien de l’allocation.

Troisième erreur : dépenser immédiatement l’intégralité du capital disponible.
Recevoir davantage de trésorerie ne signifie pas qu’il faut augmenter les dépenses.
Enfin, ne construisez jamais la rentabilité à long terme d’un restaurant autour d’une exonération charges création entreprise temporaire.

Le restaurant doit être capable de fonctionner lorsque les aides auront disparu.
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