Imaginons un restaurant indépendant créé par un chef.
Son épouse exerce une autre activité professionnelle, mais elle participe également au fonctionnement de l’établissement.
Elle s’occupe plusieurs fois par semaine :
- des factures et de certaines tâches administratives ;
- des relations avec certains fournisseurs ;
- des réservations ;
- du planning ;
- occasionnellement de l’accueil des clients.
Elle ne reçoit pas de salaire du restaurant et ne détient pas de parts dans la société.
Au départ, le couple considère cette organisation comme une simple entraide familiale.
Pourtant, son intervention devient progressivement habituelle.
C’est précisément la frontière qu’il faut surveiller lorsqu’on souhaite
travailler en couple restaurant.
Une aide ponctuelle n’est pas comparable à une participation régulière au fonctionnement de l’entreprise. Lorsque cette participation devient habituelle, le choix d’un statut adapté devient nécessaire.
Dans certaines configurations juridiques, le statut de
conjoint collaborateur restaurant peut alors être envisagé.
Il permet au conjoint de participer régulièrement à l’activité sans être rémunéré et de bénéficier de droits sociaux en contrepartie de cotisations.
Mais ce choix doit correspondre à la réalité.
Si, avec le développement du restaurant, le conjoint finit par travailler 30 ou 40 heures par semaine, gérer une équipe et assumer un véritable poste opérationnel, il devient pertinent de se demander si le statut choisi correspond encore à son rôle.
Le statut ne doit pas seulement être adapté au restaurant au moment de son ouverture.
Il doit évoluer avec l’entreprise.
Exemple 2 — Les deux conjoints ont créé le restaurant ensemblePrenons maintenant une situation très différente.
Un couple ouvre un restaurant.
L’un est chef et dirige la cuisine.
L’autre supervise la salle, le recrutement, l’administratif et une partie du développement commercial.
Les deux ont investi dans le projet.
Les décisions importantes sont prises ensemble :
- recrutement d’un manager ;
- changement de carte ;
- investissements ;
- ouverture d’un deuxième établissement ;
- emprunts ;
- développement du concept.
Dans ce cas, présenter l’un des conjoints comme une personne qui « aide » l’autre ne correspond plus vraiment à la réalité du projet.
La question d’une participation au capital peut naturellement se poser.
Pour des
époux associés SARL, par exemple, il faut alors réfléchir à la répartition des parts et aux fonctions exercées par chacun.
Cette décision a des conséquences beaucoup plus importantes que la simple organisation quotidienne du restaurant.
Détenir des parts signifie notamment participer à la propriété de l’entreprise.
Il faut donc anticiper plusieurs scénarios :
- Que se passe-t-il si l’un souhaite quitter l’activité ?
- Qui peut prendre quelles décisions ?
- Comment les parts sont-elles réparties ?
- Que se passe-t-il en cas de désaccord majeur ?
- Comment organiser la transmission ou la vente de l’entreprise ?
Ces questions peuvent sembler très éloignées de l’ouverture du restaurant.
Pourtant, elles sont beaucoup plus faciles à régler lorsque le couple s’entend que lorsqu’un conflit existe déjà.
Conjoint salarié : dans quels cas ce statut est-il plus logique ?Entre ces deux situations existe une troisième configuration fréquente.
Un conjoint possède ou dirige l’entreprise.
L’autre y occupe un véritable emploi.
Par exemple :
Responsable de salle — 39 heures par semaine.
Ou :
Responsable administratif et commercial.
Dans cette situation, le
statut conjoint salarié peut être cohérent si les conditions correspondant au salariat sont réellement réunies.
Le conjoint reçoit alors une rémunération correspondant à son activité et bénéficie de la protection sociale attachée au statut de salarié.
Cette solution présente un avantage évident : le travail effectué est clairement identifié et rémunéré.
Mais elle représente également un coût pour l’entreprise.
Le restaurant doit pouvoir supporter durablement le salaire et les cotisations correspondantes.
C’est particulièrement important dans un secteur où la masse salariale représente déjà une charge importante.
Choisir le statut salarié uniquement parce qu’il paraît plus protecteur, sans vérifier sa soutenabilité économique, peut fragiliser une jeune entreprise.
À l’inverse, choisir systématiquement le statut le moins coûteux alors que le conjoint exerce en réalité une fonction centrale dans le restaurant peut créer une situation tout aussi incohérente.
Le statut doit suivre l’évolution du restaurantUn restaurant n’est pas figé.
Au lancement, le couple peut fonctionner ainsi :
Chef dirigeant + conjoint collaborateur.Trois ans plus tard, le restaurant réalise davantage de chiffre d’affaires, emploie quinze personnes et prépare l’ouverture d’un deuxième établissement.
Le conjoint qui aidait initialement quelques heures par semaine gère désormais :
- l’administration ;
- le recrutement ;
- les plannings ;
- la communication ;
- certaines relations fournisseurs ;
- le développement du deuxième établissement.
Son rôle a complètement changé.
Il est donc logique de réexaminer son statut.
Cette réflexion est d’autant plus importante que le statut de conjoint collaborateur est aujourd’hui limité dans le temps.
L’organisation juridique doit accompagner le développement de l’entreprise, et non rester figée simplement parce que :
« Nous avons toujours fonctionné comme ça. »
Travailler en couple : le statut juridique ne règle pas toutIl existe également un aspect beaucoup moins administratif.
Dans un restaurant familial, la frontière entre le couple et l’entreprise peut rapidement disparaître.
Le matin, on parle des fournisseurs.
Pendant le service, du personnel.
Le soir, du chiffre d’affaires.
Le dimanche, du prochain menu.
Le risque est que toutes les décisions deviennent des décisions de couple et que tous les désaccords professionnels deviennent des conflits personnels.
Même lorsque les statuts sont parfaitement choisis, il est donc utile de définir clairement :
qui est responsable de quoi.Par exemple :
Cuisine et production → conjoint ASalle et équipes → conjoint BInvestissements importants → décision communeMarketing → responsable identifiéComptabilité → expert-comptable + personne référenteCette organisation réduit les zones de conflit et facilite également le développement du restaurant.
Le piège du « nous faisons tout nous-mêmes »Il est particulièrement fréquent lorsque le couple ouvre son premier établissement.
Pour économiser, les deux fondateurs deviennent simultanément :
chef, directeur, serveur, acheteur, comptable, community manager, photographe et responsable Google.
À court terme, cette organisation peut sembler économique.
À moyen terme, elle devient souvent difficile à maintenir.
La vraie question du développement n’est donc pas uniquement :
« Quel statut choisir pour mon conjoint ? »
Elle devient progressivement :
« Quelles tâches doivent réellement rester entre nos mains et lesquelles devons-nous déléguer pour nous concentrer sur le restaurant ? »Cette question nous permettra justement, dans le
bloc 3, d’introduire naturellement la dimension marketing : faut-il gérer Google, le SEO, les avis et le site soi-même lorsque les deux conjoints sont déjà absorbés par l’exploitation, quelles alternatives existent et dans quelles situations un accompagnement spécialisé comme SEO Resto apporte réellement de la valeur.