Une fois le coût estimé et les aides identifiées, une question beaucoup plus importante apparaît :
comment faire pour que l’apprentissage fonctionne réellement dans le restaurant ?Signer un
contrat alternance cuisine est relativement simple comparé au travail qui commence ensuite.
Pendant plusieurs mois, le restaurant va devoir transformer progressivement une personne encore en formation en professionnel capable de comprendre ses standards, de travailler avec une équipe et de gagner en autonomie.
C’est précisément à ce stade que deux établissements ayant recruté des apprentis dans des conditions financières similaires peuvent obtenir des résultats totalement différents.
Dans le premier, l’apprenti est considéré comme un salarié bon marché. On lui confie les tâches que personne ne souhaite faire, sans réel suivi.
Dans le second, il existe un parcours :
- objectifs précis ;
- maître d’apprentissage identifié ;
- progression des responsabilités ;
- échanges avec le CFA cuisine ;
- bilans réguliers ;
- perspective d’évolution.
Quelques mois plus tard, le premier restaurant considère que « les apprentis ne sont jamais motivés ».
Le second possède potentiellement un futur salarié déjà formé à sa manière de travailler.
L’enjeu n’est donc plus uniquement de savoir comment
embaucher un apprenti restaurant, mais comment rentabiliser intelligemment le temps consacré à sa formation.
Exemple concret nº1 : un apprenti cuisine sans parcours de progressionImaginons une brasserie qui recrute un jeune préparant un CAP cuisine.
L’établissement manque de personnel et souhaite renforcer rapidement sa brigade.
Les premières semaines, l’apprenti réalise essentiellement :
- épluchage ;
- nettoyage ;
- rangement ;
- petites mises en place ;
- tâches répétitives.
Rien d’anormal jusque-là : ces missions font partie de l’apprentissage du métier.
Le problème apparaît lorsqu’au bout de six mois, rien n’a changé.
Le jeune n’a toujours pas appris à :
- tenir progressivement un poste ;
- réaliser certaines cuissons ;
- organiser sa mise en place ;
- comprendre l’envoi ;
- gérer ses priorités.
Le restaurant considère alors qu’il « n’est pas autonome ».
Mais comment pourrait-il le devenir si aucune autonomie progressive ne lui a été confiée ?
C’est l’une des erreurs classiques de l’apprentissage : attendre une progression sans organiser les conditions permettant cette progression.
Exemple concret nº2 : construire un parcours sur deux ansPrenons maintenant le même profil dans un autre établissement.
Dès son arrivée, le chef établit une progression indicative.
Les premiers moisL’apprenti découvre :
- organisation de la cuisine ;
- hygiène ;
- réception et rangement des produits ;
- mise en place ;
- préparations de base ;
- fonctionnement des différents postes.
Après quelques moisIl commence à prendre en charge certaines préparations de manière autonome.
Le chef contrôle toujours son travail, mais intervient moins systématiquement.
Deuxième annéeL’apprenti peut progressivement :
- gérer une partie d’un poste ;
- anticiper ses besoins ;
- participer davantage aux services ;
- contrôler certaines préparations ;
- comprendre les volumes et les pertes.
À la fin du parcours, le restaurant peut se retrouver avec un jeune professionnel qui connaît déjà parfaitement :
- les recettes ;
- les produits ;
- les fournisseurs ;
- l’équipe ;
- les standards ;
- l’organisation de la maison.
Si le recrutement se poursuit ensuite par un emploi durable, le temps consacré à la formation prend une tout autre valeur.
Le restaurant évite une partie des coûts et des incertitudes associés au recrutement d’une personne extérieure.
Fixer des objectifs tous les trois moisPour éviter que l’apprentissage ne devienne une succession de tâches sans cohérence, il est utile de définir des objectifs simples.
Il n’est pas nécessaire de créer un système RH extrêmement complexe.
Un document peut suffire.
Par exemple :
Trimestre 1 — ComprendreObjectifs :
- connaître les règles d’hygiène ;
- comprendre l’organisation ;
- connaître les produits ;
- maîtriser les préparations simples ;
- adopter les bons réflexes.
Trimestre 2 — ExécuterObjectifs :
- réaliser certaines préparations seul ;
- mieux organiser son poste ;
- gagner en rapidité ;
- réduire les erreurs.
Trimestre 3 — AnticiperObjectifs :
- préparer sa mise en place ;
- anticiper certains besoins ;
- participer davantage au service ;
- mieux communiquer avec l’équipe.
Trimestre 4 — ResponsabiliserObjectifs :
- gérer certaines missions de façon autonome ;
- contrôler son travail ;
- comprendre l’impact du gaspillage ;
- participer à l’amélioration de l’organisation.
Cette méthode permet également au maître d’apprentissage d’identifier rapidement les difficultés.
Le maître d’apprentissage ne doit pas tout faire lui-mêmeMême si une personne est officiellement responsable du suivi, la formation peut impliquer toute l’équipe.
Un chef de partie peut transmettre une technique.
Le responsable des achats peut expliquer la réception des marchandises.
Un pâtissier peut montrer certaines préparations.
Un responsable de salle peut expliquer le parcours d’une commande entre client, caisse et cuisine.
Cette transmission collective possède également un avantage culturel.
L’apprenti ne travaille plus uniquement « pour le chef ».
Il commence à appartenir réellement à l’équipe.
Mais il faut conserver un responsable clairement identifié qui suit l’ensemble de sa progression et assure le lien avec le CFA.
Faire du CFA cuisine un véritable partenaireLorsqu’un problème apparaît, certains employeurs attendent trop longtemps avant de contacter le centre de formation.
C’est une erreur.
Le
CFA cuisine dispose lui aussi d’informations sur la progression du jeune.
Un échange peut permettre de comprendre si la difficulté vient :
- du niveau technique ;
- du comportement ;
- du rythme ;
- d’un manque d’encadrement ;
- d’une mauvaise compréhension des attentes ;
- d’un problème plus général dans le parcours.
L’alternance fonctionne précisément parce qu’elle associe deux environnements d’apprentissage.
Il est donc logique que l’entreprise et le CFA communiquent.
Apprenti en salle : la même logique s’appliqueL’apprentissage ne concerne évidemment pas uniquement la cuisine.
Un
apprenti restauration peut également se former au service et à d’autres métiers de l’établissement.
Là encore, il faut organiser une progression.
Au début :
- mise en place ;
- connaissance de la carte ;
- règles de service ;
- accueil ;
- observation.
Puis :
- prise de commande ;
- gestion de quelques tables ;
- présentation des plats ;
- utilisation de la caisse ;
- recommandations.
Et progressivement :
- gestion autonome d’un rang ;
- vente additionnelle ;
- traitement de certaines demandes clients ;
- coordination avec la cuisine.
Le raisonnement reste identique :
on ne confie pas immédiatement toutes les responsabilités, mais on ne maintient pas non plus l’apprenti éternellement au même niveau.Apprentissage et expérience client : un lien souvent sous-estiméLa formation de l’équipe possède un impact direct sur l’expérience proposée au client.
Un apprenti en salle bien accompagné apprend progressivement à :
- accueillir correctement ;
- connaître les plats ;
- répondre aux questions ;
- expliquer les produits ;
- anticiper les besoins ;
- gérer une remarque.
En cuisine, il apprend à reproduire les standards avec davantage de régularité.
L’apprentissage peut donc participer à la qualité globale de l’établissement.
À l’inverse, utiliser des apprentis comme remplacement systématique de salariés expérimentés peut avoir l’effet opposé.
Une équipe trop junior peut rencontrer davantage de difficultés lorsque le restaurant est complet.
L’enjeu est donc de maintenir un équilibre entre
formation et expertise.
Faut-il proposer un CDI après l’apprentissage ?Pas nécessairement.
Tout dépend :
- du niveau atteint ;
- des besoins du restaurant ;
- des performances ;
- de la situation économique ;
- du projet du jeune.
Mais si l’établissement sait dès le départ qu’un poste pourrait être disponible à l’issue du parcours, il est intéressant de le communiquer.
La perspective d’évolution peut renforcer l’engagement de l’apprenti.
Elle transforme également la logique économique.
Le restaurant ne forme plus uniquement quelqu’un pendant deux ans.
Il prépare potentiellement un recrutement futur.
Et ce futur salarié possède déjà un avantage considérable par rapport à un candidat extérieur : il connaît l’entreprise.
L’apprentissage comme outil de marque employeurIl existe également un bénéfice moins directement mesurable.
Un restaurant connu pour bien former ses apprentis peut progressivement développer une bonne réputation auprès :
- des CFA ;
- des écoles ;
- des anciens alternants ;
- des jeunes professionnels.
Cette réputation peut faciliter les recrutements futurs.
À l’inverse, un établissement connu pour utiliser les apprentis uniquement comme main-d’œuvre peu coûteuse peut rencontrer davantage de difficultés à attirer les meilleurs candidats.
La réputation d’un restaurant ne se construit donc pas seulement auprès des clients.
Elle existe également sur le marché de l’emploi.
Quel rapport avec le marketing du restaurant ?À première vue, le lien entre apprentissage et marketing peut sembler faible.
Pourtant, la décision d’embaucher est directement liée au développement de l’activité.
Un restaurateur recrute généralement parce qu’il :
- manque de personnel ;
- prévoit davantage de couverts ;
- développe sa terrasse ;
- ouvre de nouveaux services ;
- souhaite augmenter son chiffre d’affaires ;
- prépare une croissance future.
La question devient alors :
la demande client est-elle suffisamment solide pour financer durablement cette nouvelle organisation ?C’est ici que le marketing intervient.
Un restaurant peut très bien avoir une équipe suffisante le samedi soir et trop importante le mardi midi.
Dans ce cas, la priorité n’est pas forcément de recruter encore davantage.
Elle peut être de mieux exploiter la capacité existante.
Où intervient SEOresto ?SEOresto intervient précisément sur la visibilité et l’acquisition client des restaurants : référencement, présence Google, site Internet, réputation et stratégie digitale.
L’objectif n’est pas de remplacer :
- le CFA ;
- l’expert-comptable ;
- le gestionnaire de paie ;
- un spécialiste du droit social.
Ces professionnels restent les interlocuteurs appropriés pour sécuriser le
contrat alternance cuisine, calculer la rémunération et vérifier l’
aide apprentissage restauration applicable.
L’intérêt d’un accompagnement marketing spécialisé se situe ailleurs :
faire en sorte que le développement de l’équipe corresponde à un développement réel de l’activité commerciale.Par exemple, une analyse peut montrer qu’un restaurant est déjà complet :
- vendredi soir ;
- samedi soir ;
- dimanche midi.
Mais qu’il reste largement sous-rempli :
- mardi soir ;
- mercredi midi ;
- jeudi soir.
Une stratégie pertinente ne cherchera donc pas simplement à « générer plus de clients ».
Elle cherchera prioritairement à développer les services où l’équipe possède encore de la capacité.
C’est une différence importante.
Les alternatives à une agence spécialiséeUn restaurateur peut évidemment gérer lui-même une partie de son marketing.
Il peut aussi :
- travailler avec un freelance ;
- recruter une personne en interne ;
- utiliser une agence généraliste ;
- investir uniquement dans la publicité ;
- déléguer certaines missions séparément.
Chaque solution possède ses avantages.
Une gestion interne donne davantage de contrôle et peut être intéressante pour un groupe suffisamment important.
Un freelance peut offrir une expertise très spécialisée.
Une agence généraliste peut disposer de compétences plus larges sur certains marchés.
L’avantage d’un accompagnement spécialisé dans la restauration réside surtout dans la compréhension du modèle économique du secteur :
- couverts ;
- réservations ;
- services ;
- saisonnalité ;
- réputation locale ;
- Google Maps ;
- concurrence de proximité.
Mais aucune stratégie marketing ne compensera durablement un mauvais produit, une mauvaise expérience client ou une organisation interne défaillante.
C’est une limite essentielle à reconnaître.
Le marketing peut générer la demande.
Le restaurant doit ensuite être capable de transformer cette demande en bonne expérience et en chiffre d’affaires rentable.Mesurer si le recrutement de l’apprenti accompagne réellement la croissanceQuelques mois après l’embauche, ne regardez pas uniquement le coût salarial.
Comparez également :
- chiffre d’affaires avant/après ;
- nombre de couverts ;
- masse salariale ;
- heures supplémentaires de l’équipe ;
- productivité ;
- capacité supplémentaire créée ;
- services sous-remplis ;
- évolution de l’autonomie de l’apprenti.
Imaginons qu’avant le recrutement, le chef réalise régulièrement dix heures supplémentaires par semaine.
Six mois après l’arrivée et la montée en compétence de l’apprenti, il n’en réalise plus que quatre.
Le bénéfice du recrutement ne se trouve donc pas uniquement dans le travail directement produit par l’alternant.
Il peut aussi apparaître dans la réduction de la pression exercée sur le reste de la brigade.
À l’inverse, si le restaurant recrute plusieurs personnes mais que son chiffre d’affaires stagne et que de nombreux services restent vides, il faut s’interroger sur l’équilibre du modèle.